Restauration de LATIL M7T1.
(par fufu)
Après
avoir travaillé à la restauration de plusieurs engins
appartenant à des amis (JEEP, DODGE WC52 et DODGE Command car),
je décide de me lancer. Mon truc, c'est le véhicule militaire
ancien, mais honnêtement, je n'ai pas envie de restaurer un énième
véhicule US. En gros, ils ont toujours la même architecture
mécanique, de la voiture au camion le plus gros.
Je vais donc choisir dans le parc des autres belligérants des
derniers conflits mondiaux.
Russe ? Je suis un peu loin de la source.
Allemand ? C'est beaucoup trop cher pour un petit gars comme moi !
Français ? Et bien oui, ça semble évident puisque
je suis moi-même français.
Mais alors là, surprise bonne et mauvaise : le parc des véhicules
militaires français du dernier conflit est extrèmemment
varié, avec des gueules incroyables, mais surtout une production
très faible de plusieurs centaines d'unités à quelques
milliers.
Après une lecture de la Bible des véhicules français
(
l'Automobile sous l'uniforme, de François Vauvillier)
mon choix se porte sur un engin qui répond à tous mes
critères : tous terrains, roulable décemment au quotidien,
pas poids lourd (car je n'ai pas le permis ad hoc), et surtout une allure
terrible : le LATIL M7T1 !
Le LATIL M7T1 est un tracteur léger tous terrains , à
quatre roues motrices, pouvant transporter 5 hommes avec armes et bagages,
et qui peut servir à tracter un canon antichar de 25 mm. Son
moteur M7 fonctionne à l'essence. (
voir
les caractéristiques complètes).
Grâce à des connaissances dans le milieu du véhicule
militaire français ancien, je trouve rapidement plusieurs options
d'achat. Il s'agit en général de lots d'engins jamais
complets et dans de tristes états. Je me jette sur le lot le
plus alléchant, avec 4 engins, mais surtout le plus important
: un radiateur à éléments séparés
(si typique !) et une caisse arrière d'origine (bien découpée
tout de même). Je paye le vendeur, qui assure le transport de
mes engins jusqu'à chez moi. Nous sommes fin septembre 2005 lors
de la transaction, et mes véhicules sont livrés fin octobre.
Je passe les mois suivants à regrouper de la
documentation, des informations sur les variantes de production, aller
voir d'autres engins, rechercher des pièces manquantes et à
faire quelques bricoles en rapport avec l'engin.
Arrive le mois d'août 2006, je n'en peux plus, j'attaque enfin
ma restauration !
Elle sera comme je l'ai toujours rêvée : TOTALE, pas une
pièce qui ne soit pas démontée, pas un boulon qui
ne soit pas brossé, pas un mécanisme complètement
démonté, pas de roulement, de bague avec quelques dixièmes
d'usure, pas une garniture qui ne soit pas conforme à l'origine.
Au moindre doute, on change la pièce !
Du travail en perspective quand même, vous allez voir ! Et si
vous êtes patients, vous verrez le résultat.
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1 - 2 - En gros, voila le plus séduisant
de mes engins. J'y ai posé la caisse arrière dessus
et les planchers, pour présenter un semblant de silhouette.
J'ai quelques bouts à coté, ailes, capot, radiateur.
Mais le seul bout homogène, c'est ce châssis moteur
avec un auvent, le reste est juste posé dessus. |
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3 - Là, c’est le groupe moteur
M7 avec son réservoir d’huile caractéristique,
car le moteur bénéficie d’une lubrification
par carter sec. Tout ça pour améliorer les capacités
en tout terrain, et surtout abaisser la silhouette de l’engin,
puisque il n’y a pas de carter d’huile. Le moteur
est littéralement posé sur le différentiel
avant. Vous verrez ça plus tard ! |
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4 - J'ai enlevé tout ce que j'avais
posé sur le châssis, la caisse et les planchers. |
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5 - Le train avant est démonté
sans trop de problème. En fait, il n'y a que les axes des
triangles à sortir. Facile ! Il suffit de démonter
le graisseur qui est au bout. On glisse dans le filet une tige
filetée avec un dispositif genre « arrache à
inertie » et ça sort en moins de deux. |
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6 - 7 - Vue de face d'un demi train démonté
: triangle supérieur et inférieur, suspension à
boudin, biellette d'amortisseur, cardan et canalisation de frein,
il y a du monde au centimètre carré. Vous aurez
remarqué que le cardan ne tombe pas au centre du moyeu,
et pour cause, il attaque directement la couronne du réducteur
comme sur bien d'autres véhicules latil.
On enlève le tambour, c'est beau : carter de réducteur
en alliage, larges garnitures de frein, cylindre de roue à
doubles pistons. Un peu sale quand même ! |
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8 - 9 - 10 - 11 - Tout est par terre : le moteur
et la boîte de vitesse et son réducteur, les quatre
trains.
Je complète le démontage en démontant les
plaques d’attelage et tous les autres supports qui restent
sur le châssis, le tout jusqu’au dernier boulon.
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12 - Je mets un coup de nettoyeur haute pression
pour enlever le plus de graisse et de terre possible, avant d'attaquer
le sablage. Cela donne l'occasion d'une bonne photo pour les modélistes
(hein Jérôme ! ).
C'est un classique châssis échelle. Les quatre excroissances
sont les supports de caisse à chaînes : des tiroirs
placés sous le plancher, où se logent les chaînes
Oriam en trois éléments, qui prennent place sur
les roues en conditions difficiles (boue et neige). |
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13 - 14 - 15 - 16 - Petites réparations
sur le châssis : l'avant est tordu par de nombreux chocs,
et la tôle est déchirée entre les deux trous
d'allègement, car on y a passé un câble pour
un remorquage.
Du coup, redressage à chaud, un peu de soudure et du meulage.
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17 - 18 - 19 - Pour mettre la tôle à
nu, rien de mieux que le sablage. Il faut une matinée,
quand même, pour venir à bout du châssis. Au
final, ça sort tout blanc. Inutile d'essayer avec la brosse
métallique. |
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20 - Pour protéger le châssis,
comme toutes les autres pièces métalliques, rien
ne vaut une bonne couche d'apprêt antirouille brun rouge.
Personnellement j'adore : ça fait ressortir tous les petits
détails. C'était la couleur des apprêts à
l'époque. |
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21 - Une couche de peinture brun olive, et
je peux enfin remonter des éléments sur le châssis. |
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22 - 23 - Le différentiel est composé
de deux demi coquilles en alliage léger que l'on peut séparer,
après avoir démonté les plateaux de cardans,
puis les dispositifs presse étoupe.
Moi, je démonte tout pour m'assurer de l'état de
l'ensemble des pièces, joints et roulements. Et là,
je n'ai que de bonnes surprises : roulements impeccables et engrenages
irréprochables, ce sont de jolies pièces bien finies
et apparemment solides (il s'agit bien d'un "tracteur"
!)
Vous pouvez observer le dispositif de blocage du différentiel,
constitué d'une couronne mobile garnie de « doigts
» qui vient solidariser le boîtier différentiel
au couple conique. Il est commandé par le charmant dispositif
en bronze, situé à l'opposé de l'orifice
de remplissage.
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24 - 25 - 26 - 27 - Le boîtier différentiel
est contrôlé, nettoyé et remonté assez
rapidement. Je le remets à sa place dans le carter que
je referme en y placant des joints que j'ai fabriqué (je
ne crois pas qu'il y en ait à l'origine mais je me garantis
ainsi des suintements d'huile). |
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28 - 29 - Une fois les deux coquilles assemblées,
je remonte les dispositifs presse étoupe. C'est une opération
délicate, car on doit introduire la garniture dans son
logement, en même temps que l'on place les plateaux de cardans
sur leurs axes. L'étanchéité se fait justement
sur le corps du plateau de cardan. |
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30 - Le manuel préconise de la tresse
"John Crane"ou de "Joint français"
pour garnir les presse-étoupe. Inutile de préciser
que tout cela n'existe plus depuis longtemps. Après quelques
recherches, je réussis à trouver de la tresse graphitée
adaptée à cette utilisation (C'est hyper cher !).
Pas de compromis, je signe le chèque sans réfléchir.
De toute façon, je n'aurais pas remonté les garnitures
carbonisées qui était montées, ni tout autre
combine de bricolo, à l'efficacité incertaine. |
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31 - 32 - Dans le cas des presse étoupes
de différentiel, je place une spire de tresse qui fait
deux tours complets de l'arbre, ça me parait suffisant
et conforme aux débris que j'ai trouvé au démontage.
Le plus difficile c'est de placer tout ça entre l'arbre
et le boîtier, tout en poussant le plateau de cardan à
sa place. Une fois tout cela en place, je fais faire autant de
tours qu'il faut à la couronne de réglage du presse
étoupe, pour tasser convenablement la garniture dans son
logement.
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33 - Voilà a quoi ça ressemble,
une fois remonté et repeint. Je ne repeint pas les pièces
moulées en bronze : c'est trop joli et ça donne
des détails plutôt sympas à regarder. |
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- 35 - 36 - 37 - Quand je suis bloqué par le manque de
fournitures (la tresse par exemple), j'en profite pour nettoyer
des pièces, les sabler, les apprêter puis les peindre.
Je les remonte ensuite sur le châssis, les plaques d'attelage
en premier, puis les support d'axes de train, supports de ressorts
de suspension et amortisseur "Houdaille".
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Pour ces derniers j'ai beaucoup de chance : ils sont
en bon état et fonctionnent parfaitement, j'ai juste à
recompleter le réservoir avec de l'huile de ricin ! Bah oui
c’était comme ça à l'époque.
C'est une sacrée satisfaction de remonter enfin quelques
trucs. |
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38 - Petit intermède dans la longue
histoire de ma restauration (je dis cela en prévision)
:
Je vous propose la restauration de supports de manilles arrière.
Je confronte sur cette photo un modèle non détérioré
et un modèle que j'ai démonté sur un de mes
châssis. Vous constatez un découpage au chalumeau,
je pense, pour enlever la manille grippée par la rouille,
pour pouvoir à nouveau passer un axe ou un câble
dans cet emplacement.
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39 - La pièce est rechargée largement
au MIG (fonte d'acier) pour récupérer les 5/6 mm
manquants en hauteur. J'en ai mis vraiment plus pour ne pas avoir
à en rajouter après, je préfère passer
un peu plus de temps. Après une telle séance de
soudure la pièce est rouge !
Je la refroidis rapidement dans un seau d'eau, car la soudure
refroidie lentement est beaucoup plus dure à usiner.
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40 - Je commence par une passe de fraiseuse
pour retrouver le plat et l'épaisseur du modèle
d'origine. |
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| 41 - Puis je reperce
le passage de l'axe de manille avec un foret de la bonne dimension. |
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42 - Je meule le surplus de soudure pour retrouver
la forme originelle, sans trop chercher à retrouver la
continuité parfaite entre la pièce et l'apport,
car en général on a tendance à creuser à
cet endroit. De toute façon, le sablage qui suit gomme
le plus gros des traces de meulage. |
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43 - Voilà le résultat après
une couche d'apprêt. Dans le passage d'axe, on note quelques
légères imperfections dues à des petits manques
de matière, mais dans ce cas ce n'est pas grave, ça
ne se voit pas, et l'axe de manille n'est pas ajusté au
dixième.
Je me sens mieux après cette restauration absolument VITALE
pour le bon fonctionnement de mon engin, vous en conviendrez !
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44 - Après la remise en état
du différentiel arrière, arrive le moment du remontage.
Et là, croyez moi, les notes prises lors du démontage
ont leur importance, car pour caser le différentiel dans
le châssis, il n'y a qu'UNE solution. Autant
on n'hésite pas à tourner le morceau dans tous les
sens, à le cogner partout pour réussir à
le sortir. Mais quand on l'a bichonné, repeint, on hésite
à le cogner. Il rentre dans le châssis par-dessous,
et que d'une seule façon. Je ne révélerai
la combine que contre une bonne bouteille. Ce n'est pas cher payé
pour se débarrasser d'un sérieux souci. |
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45 - Voilà le bout remonté dans
le châssis, sans trop d'éclats dans la peinture.
OUF !
Il m'a fallu pas mal de temps, et l'aide et les suggestions de
ma compagne, pour réussir à le placer (la bouteille,
on la boira ensemble).
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46 - Petit détail du différentiel,
avec le conduit de remplissage d'huile déporté,
pour pouvoir justement y accéder, au milieu de tous les
organes mécaniques regroupés à l'intérieur
du châssis. J'ai retaillé un joint en cuir, en remplacement
de celui d'origine. |
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47 - La prochaine étape est le remontage
du frein sur la transmission (frein à main). Encore une
fois, un dispositif élaboré avec renvois et leviers.
Pour compléter ce petit chantier local, je remonte les
canalisations rigides de freinage, après nettoyage. |
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48 - Petit chantier encore une fois, avec le
cardan avant et son dispositif d'embrayage de différentiel
avant. Il est commandé par un câble, dont la tirette
est placée sous l'auvent au dessus de la boite de vitesses. |
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49 - Je passe les photos de la remise en état
du différentiel avant, car il est identique à celui
arrière (sauf les pignons en sens inverse). Il est ici
remonté avec le cardan. Ce coup-ci, le différentiel
rentre dans le châssis par le dessus, sans trop de souci. |
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Je m'attaque à
ce qui tourne autour du châssis : les attelages de roues (photos
6 et 7) Un gros morceau que j'attaque là : il y a pas mal
d'ensembles à traiter :
- les bras ou triangles avec leurs bagues et axes,
- les réducteurs pleins de graisse usée ou sèche,
- Le freinage : cylindres de roues, les flexibles,
- L'étanchéité des tambours de roues.
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50 - C'est par ce dernier
sujet que je vais commencer. Sur le Latil M7T1, il y a une couronne
en liège placée sur la flasque en périphérie.
Le tambour de frein vient frotter dessus garantissant ainsi l'introduction
de poussière ou d'eau dans les garnitures de freinage.
Evidemment le liège est sec, fissuré ou manquant par
endroits. (En haut à droite sur la photo) |
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| 51 - La
couronne en liège est maintenue sur la flasque par une couronne
en acier rivetée par des clous en laiton. |
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| 52 - Le démontage
commence par le meulage de la partie matée du rivet sur l'extérieur
de la flasque. |
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53 - Je chasse les
clous en laiton par l'extérieur. Le liège est démonté
; il reste maintenant à en trouver du neuf pour le remplacer.
Il s’agit de liège naturel et non aggloméré.
Mon sujet sur le forum concernant ce *utain de liège n'a
pas obtenu beaucoup de réponses. Les adresses que l'on m'a
confiées semblent pouvoir me permettre de trouver une solution
(Merci Jim13)
La suite de ce « sujet » viendra en même temps
que le liège que j'aurai trouvé.
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54 - Grâce aux
indications confiées par Jim13, j'ai enfin trouvé
ce que je recherchais:
du liège naturel d'une épaisseur de 5 mm, ici ébauché.
Je n'ai plus qu'à le retailler à la dimension exacte. |
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Par manque de temps ou par flemme,
allez savoir, je n'ai pas encore commandé l'outil pour l'usinage
intérieur de mes bagues. Alors je m'occupe avec de petits
chantiers qui ne demandent pas de fournitures extérieures,
et que l'on peut faire à l'intérieur dans l'atelier.
Comme partout en France, les jours sont courts, il pleut ou il fait
froid, alors c'est à cette époque que les restaurations
sont un peu au ralenti.
Je profite donc de cet automne pour faire des recherches, vérifier
des détails sur d'autres M7T1. Je règle également
la question du rapatriement depuis le Sud de la France d'une paire
de M7T1 achetée avec un ami. Pour lui, c'est une base de
restauration, et pour moi pas mal de petits bout qui me manquaient
(carbu !, montants de pare brise, couvre boîte, treuils...).
Il y a donc maintenant cinq M7T1 sous le même toit, un record
pour 2006, je pense !
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| 55 - Remontage après
nettoyage/dégrippage/peinture des petits leviers de commande
et de leurs tringleries. Les deux grands leviers au centre correspondent
au verrouillage des différentiels avant et arrière.
Le petit à droite, c'est la commande du cliquet anti-retour
de treuil, à gauche c'est l'enclenchement de la prise de
force auxiliaire de treuil. |
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| 56 - Re-fabrication
en bakélite épaisse d'un guide de tringlerie fixé
sur le châssis. |
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| 57 - Le boîtier
de direction et sa colonne sont remontés après nettoyage
et vérifications : encore une fois, aucune usure ou jeu pour
les bagues et les roulements. C'est de la superbe fabrication Latil. |
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| 58 - Le voici repeint
et remonté sur le châssis. Le pivot de direction situé
sur la traverse opposée et la barre d'accouplement sont également
remontés. Les vis de butées manquantes au démontage
ont repris leurs places sur la barre d'accouplement. |
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| 59 - La prise force
du treuil remise en état (étanchéité
type presse étoupe). Je viens de la récupérer
sur une boîte de vitesse qu'un ami vient de me donner. |
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| 60 - Du coup, l'envie
me prend de la remonter sur la boîte de vitesse, Mais alors
là, il y a un peu de travail de nettoyage avant d'attaquer.
Le réducteur est séparé de la boîte de
vitesse sans difficultés... Il faudra se souvenir toutefois
que certains écrous devront être engagés avant
la jointure totale des deux ensembles, sinon il ne sera plus possible
de les glisser entre les carters et les pignons. Je dégrossis
le nettoyage au grattoir, j'applique du super dégraissant
industriel, j'attend et je passe un coup de nettoyeur haute pression.
L'opération est répétée autant de fois
que nécessaire pour arriver à un état de propreté
satisfaisant, car il n'est pas question de sabler. |
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| 61 - Le réducteur
est démonté et nettoyé au pétrole, contrôlé,
puis remonté. Encore une fois, rien à dire : pignons
quasi neuf, roulements impeccables, aucun jeu. C'est certainement
ce qui fait l'excellente réputation des tracteurs Latil :
conception et fabrication sans reproches, donc robustesse et longévité. |
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62 - Même traitement
et mêmes remarques pour la boîte à vitesses :
RAS. Je suis bien content en fin de compte, car je ne perds pas
de temps à commander des roulements et à les attendre.
C’est tant mieux, car moins longtemps on laisse une boite
de vitesse démontée mieux c’est (on perd les
billes de verrouillage, l’ordre de remontage des pignons...).
Seul un pignon est un peu arrondi sur le bord (au centre sur la
photo) mais c’est largement bon. L’état est même
étonnant pour une boite de vitesse à denture droite,
sans synchros, ni présélections.
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| 63 - Fermeture et serrage
des couvercles, dégraissage et HOP ! En peinture (noire comme
celle que j'ai retrouvée après la séance de
nettoyage, noire comme celle du boîtier de direction). |
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| Voila que se termine sans problème
la partie de la restauration consacrée aux boîtes.
Je place mon ensemble sur une palette, en attendant le remontage
sur le châssis, qui aura lieu, je pense au printemps, une
fois que je me serai occupé du moteur (arf !). |
| 64 - Démonté
d’un M7T1 acquis récemment (deux en fait, un lot),
le treuil s'apprête à bénéficier d'une
remise en état dans les règles. Il est composé
d'un boîtier de mécanisme et d'un tambour caréné,
celui-ci est désacouplable grâce à un pignon
concentrique. Une commande à cliquet empêche l'échappement
du câble en cas de défaillance du treuil. |
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| 65 - Grosso modo, voici
les éléments constitutifs du treuil : carter fonte,
vis sans fin, couronne « fusible » en alliage léger,
en bout de la vis sans fin se trouve le dispositif de protection
du treuil. |
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| 66 - Le dispositif
en question : deux plateaux équipés de rouleaux maintenus
en pression par un puissant ressort. L'un est solidaire du plateau
de cardan et l'autre de la vis sans fin du treuil. |
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| 67 - En cas d'effort
trop important du treuil, les plateaux glissent l'un sur l'autre
jusqu'à ce que les rouleaux retrouvent leur place d'origine.
Ce qui évite d'abîmer les engrenages du treuil, ou
de tordre le châssis quand on oublie de stopper le treuil,
ou quand on manoeuvre la commande par inadvertance. |
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| 68 - Après nettoyage
le treuil est partiellement remonté, encore une fois aucune
bague ni roulement de détérioré. |
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69 - Admirez le travail
sur ce pignon de débrayage de la bobine de treuil, refait
à l'identique du pignon d'origine par les bons soins de mon
ami Laurent de Montbéliard. Celui-ci est destiné à
un autre treuil qui ne l'avait plus, le bon est monté sur
le treuil que je remets en état. |
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| 70 - Me voilà
reparti avec mes fameuses étanchéités de tambours
en liège. J'ai réalisé un gabarit de découpe
d'après les dimensions relevées sur les flasques,
et tranquillement, devant un bon film, j'ai découpé
mes pièces... |
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| 71 - Les extrémités
des languettes de liège sont biseautées afin de se
chevaucher parfaitement pour garantir une bonne étanchéité.
Pas facile d'obtenir un angle régulier, d'autant plus que
l'on n'a qu'une chance... |
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72 - Le montage commence.
J'ai fabriqué des rivets à têtes coniques à
partir de tiges de rivets pop du diamètre exact. Petite entorse
à l'origine, car ils sont en laiton en principe ; je n'ai
pas trouvé de tige au diamètre adapté.
Donc
rivets passés au travers du cercle en acier de sertissage,
on empile ensuite les lames de liège. |
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| 73 - Deux couches de
liège placées avec un décalage au niveau des
chevauchements en biseaux, puis la lame en cuivre qui fait office
de ressort. Il faut au total huit lames de liège par roue. |
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| 74 - Je retourne l'ensemble
et je glisse les tiges de rivets dans les trous du plateau (seize
au total, c'est pas évident). Avec un petit marteau j'enfonce
les rivets jusqu'au niveau requis.. |
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75 - Les rivets sont
retaillés à la longueur requise et martelés
avec une petite bouterolle.
A mon avis, le temps que les lames de lièges s'usent à
leur cote définitive, mon tracteur va perdre 10 CV dispersés
en frottement sur la périphérie du tambour. |
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| 76 - Le remontage continue
avec la mise en place du pignon de réduction finale. Il est
particulièrement massif (j'ai mis un BIC pour donner l'échelle).
Encore une fois les engrenages n'ont pas du tout souffert. |
 |
| 77 - Le carter de réducteur
est en deux parties qui s'appliquent au plus près du pignon,
on voit sur la partie supérieure le logement de la tresse
de presse étoupe. Je pense que les réducteurs montés
sur les autres engins Latil sont conçus de manière
identique. Dans le cas du M7T1, c'est de la graisse qui trouve place
dans les carters. |
 |
| 78 - Voila l'ensemble
remonté. Notez sur le plateau central un trou placé
à 1h30 près de l'écrou de serrage, qui sert
à glisser une tige permettant de tasser la tresse d'étanchéité
dans son logement. |
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| 79 - Montage du pignon
d'attaque du réducteur sur le cardan. On note la présence
de roulements à rouleaux droits qui sont caractéristiques
des M7T1 de la première série, Les séries récentes
sont équipées de roulements coniques qui sont donc
réglables par calage si usure (dans mon cas s'il y a usure,
on remonte des neufs mais il faut tout démonter d'abord). |
 |
80 - Petit détail
amusant : pas mal de visseries montées sur mon engin portent
mes initiales BF. Je pense qu'il s'agit des tréfileries Franc,
qui peut confirmer ?
Dans le petit capot peint en rouge qui sert à fixer le cardan
sur le plateau j'ai remplacé le joint en cuir par un joint
spi de dimensions quasi identique. |
 |
81 - Beaucoup d'étanchéités
sur le tracteur sont assurées par des boîtiers presse
étoupe. Dans le cas de celui-ci, je me suis procuré
de la tresse graphitée de section 11x11.
Il en faut en mettre une par boîtier.
Comme je l'ai dis précédement, un trou est placé
de manière à glisser une tige pour presser la tresse
dans son logement. |
 |
| 82 - La mise en pression
de la tresse d'étanchéité est réalisée
par une bride filetée en deux parties. Celle ci s'assemble
sur ledit filetage du carter. Il faut s'assurer que les filets soient
bien en face avant de serrer les boulons d'assemblage de la bride,
sinon catastrophe ! |
 |
83 - Pendant les fêtes
de Noël, j'ai commencé la fabrication des bagues destinées
à remplacer celles présentes dans les bras de suspension,
dont l'usure me semble excessive.
L'achat des barres de bronze est loin derrière moi, alors
je fais des copeaux sans état d'âme.
Le travail est répétitif car il ne faut pas moins
de 16 bagues et 32 rondelles de friction !! |
 |
84 - Il m'a fallu plusieurs
mois pour finir le travail, car entre temps, j'ai cassé un
outil (que je n'ai pas remplacé tout de suite), il me manquait
un outil à tronçonner.
Voila un échantillon de la dernière série de
bagues. Vous remarquerez les gorges de graissage circulaires. Impossible
avec mon matériel de réaliser des gorges en ellipses,
alors j'ai réparti trois rainures transversales en poussant
l'outil avec la broche du tour bloquée. Je pense que c'est
bien suffisant pour un débattement de l'axe de 30° maximum. |
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| 85 - Il ne reste plus
qu'à pousser ces petits bijoux dorés dans leurs emplacements
des bras de suspension. |
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86 - Le reste étant
reconditionné et repeint, il ne me reste plus qu'à
remonter les attelages de suspension avec les moyeux.
Cela se déroule en plusieurs étapes :
- Assemblage des triangles en réunissant deux bras (les bras
sont interchangeables avant arrière gauche et droite) supérieurs
ou inférieurs.
- Montage des moyeux sur le triangle via des axes pour l'arrière,
ou assemblage des bras directement sur la fusée à
l'avant car les axes sont solidaires.
- Montage de l'ensemble sur le châssis via les axes en acier
chromé (pas évident l'alignement support d'axe/axe/rondelles
de friction/bras, surtout que c'est neuf et que ça a du mal
à rentrer). |
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87 - Rebelote pour
le triangle supérieur, en ayant pris le soin de ré-accoupler
tout ce qui est pris au milieu, cardan, biellette d'amortisseur,
ressort de suspension, câble de retenue de train.
Dans le cas du train avant, on accouple également la direction. |
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| 88 - 89 - L'ensemble
du train arrière est remonté sur le même mode
que l'avant : bagues et rondelles de bronze neuves. Les câbles
de retenue des suspensions sont refait à neuf. |
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| 90 - Le treuil nettoyé
complètement, et verifé, reprend sa place dans le
châssis. Encore une fois, c'est pas une mince affaire, car
il y a peu de place entre les deux traverses. Des cales permettent
un montage parfait du treuil sur le châssis. La couleur noire
du carter est celle des boitiers de mécanismes (boîtes,
direction...) Il reste maintenant à fabriquer de toutes pièces
le guide câble à rouleaux! |
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| 91 - Première
étape: trouver le tube du bon diamètre et de la bonne
épaisseur (standard ancien retrouvé dans le tas de
chutes de mon vendeur de ferraille). Ensuite à partir d'une
barre, je tourne les embouts (8) qui seront emmanchés à
la presse sur les tubes. En cas d'usure du tube, s'il y a un blocage,
on ne change que la section, malin ! J'avais pensé tourner
tout d'un bloc, mais ce n'était pas conforme. |
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| 92 - Deuxième
étape: tournage des axes (2 longs, 2 courts) à partir
de barre de 30 pour un diamètre d'axe de 16, décoletage,
filetage, percage du canal de graissage, taraudage pour le montage
du graisseur Tecalemit. Deux heures de boulot pour un axe ! |
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| 93 - L'ensemble des
éléments du guide câble avant montage. Le support
et la cage sont réalisés par pliage de tôles
de 5mm, et soudure. |
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| 94 - 95 - Voila le
résultat, avec encore une fois aucune possibilité
d'ajustage, pas un millimètre de rab. |
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C'est la seule présentation sur le web, aussi détaillée
en images et aussi riche en explications, de la restauration d'un tracteur
Latil M7T1 !
(Texte et photos
de Bertrand F.)
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(dernière mise à jour : 29 février 2008)
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